Créations cinéma
Ondas Surdas from Reynald Halloy on Vimeo.
Un documentaire de Reynald Halloy
(documentaire, vidéo, 52 min.)
Résumé
Pernambuco, juillet 1998
A quelques heures de marche de l’eau courante,
nous nous sommes arrêtés, mon amir et moi,
dans un petit village du Nord-Est du Brésil appelé
O Sitio do Açude Grande, le Site du Grand Lac.
Voyageurs sédentaires, nous avons pris le temps
de rencontrer les habitants et de vivre avec eux
au rythme de l’eau stagnante.
Deux ans plus tard, nous sommes retournés dans
le même village pour rendre aux habitants les photos
que nous avions prises alors. C’était la saison des pluies,
mais il n’avait toujours pas plu.
Cependant, des flots d’ondes sourdes (Ondas Surdas)
s’étaient abattus sur les terres arides du Nord-Est au
risque de noyer peu à peu la parole de ses habitants.
Au moyen d’une petite caméra vidéo, nous avons tenté
de faire émerger cette parole…
Odile, Fille de Lumière from Reynald Halloy on Vimeo.
Un film de Reynald Halloy
(fiction-documentaire, 16mm, noir et blanc, 33min)
Résumé
Selon la tradition orale, Odile, dont le nom signifie « Fille de Lumière », était née aveugle et avait recouvré la vue lors de son baptême. Aussi devint-elle la sainte tutélaire des non-voyants, mais aussi, par extension, de tous ceux qui, plongés dans les ténèbres du doute, aspirent à trouver la lumière de la Foi.
Ecrit et réalisé par Reynald Halloy, ce film adapte librement cette légende en mettant en scène les habitants du village d’Hamerenne (village natal de l’auteur situé dans les Ardennes belge) dans une fiction-documentaire entre le réalisme magique de EL TOPO de A. Jodorowsky et la contemplation mystique de NOSTALGHIA de A. Tarkovsky.
Résumé
Un documentaire de Reynald Halloy
(documentaire, vidéo, 52 min.)
Synopsis
« Il s’appelait Pierre. Suite à la mort accidentelle de son père, Reynald marche pour se libérer d’un poids qui n’est pas le sien. Sur le chemin, il se rencontrera, son chant lui donnera force de vie. Prescrit par Alejandro Jododorowsky, l’acte psychomagique auquel Reynald se soumet devient rituel, celui du passage entre l’ombre à la lumière, entre le mal et la guérison, entre la pierre et le miel. »
Note d’intention
Depuis plus de 10 ans, je m’intéresse aux diverses traditions de chant sacré (raga indien, chant diphonique mongol, chant Yorouba du Candomblé brésilien). J’ai d’abord pratiqué ces chants pour moi, dans un cheminement intérieur, en contact direct avec la tradition ou par l’intermédiaire de passeurs. J’ai longtemps hésité à insuffler dans mes chansons le vent des hauteurs qui souffle lors de séance de méditation ou dans la pratique rituelle. Je n’ai jamais eu l’audace d’aller au bout de mes intentions n’ayant jamais trouvé le cadre propice à mes expérimentations sur la scène de la chanson française.
Peut-être aura-t-il fallut que survienne la mort accidentelle de mon père le 13 mai 2008 pour me donner enfin le courage de sauter dans le vide, pour goûter au vertige de la chute, pour être confronté à la perte de mes « re-pères », pour oser traverser une période de profonde indéfinition existentielle et artistique ? Intuitivement, j’ai tenté d’y voir plus clair en ouvrant les yeux « au-dedans », mais l’écriture et la musique, mes compagnes de route habituelles, restaient silencieuses. Rapidement, j’ai senti que j’avais besoin d’un guide pour entreprendre ce plongeon dans les eaux troubles de mon inconscient.
Alejandro Jodorowsky est le guide que je cherchais. Chilien d’origine russe vivant à Paris, il est un des précurseurs de la psycho généalogie et un grand maître du Tarot. Je le connaissais comme cinéaste à travers ses films (« El Topo », « La Montagne Sacrée »), mais la lecture de son œuvre littéraire (« Le Théâtre de la Guérison » et « la Danse de la Réalité ») m’a bouleversée au point de vouloir le rencontrer en personne pour lui demander son aide. Après avoir entrepris l’étude de mon Arbre généalogique avec Marianne Costa, sa plus proche collaboratrice, Alejandro m’a finalement suggéré de faire ce qu’il appelle un acte psychomagique…
« Trouver une pierre qui pèse un kilo. Marcher cinq kilomètres en jetant la pierre devant toi puis en la ramassant et ainsi de suite. Sur la pierre doit être collé très solidement une photo de ton père. Ensuite, tu gardes cette même pierre, et la portant dans un sac à dos, sur scène, tu chantes ta première chanson devant un public. A la deuxième chanson, pose-la sur ta tête, recouvre-la avec un chapeau ou un bonnet pour qu’elle ne tombe pas, et chante-la ainsi. A la troisième et dernière chanson, mets-la dans ton caleçon devant le sexe et chante. Ensuite, porte-la à la Tombe de ton père et verse dessus un litre de miel liquide. »
A travers ce simple canevas, Alejandro Jodorowsky m’aida à poser le cadre d’un rituel et les bases du synopsis de ce film qui en est la trace. A travers cet acte psychomagique, j’ai entrevu la possibilité de jeter un pont entre ma quête de sens personnelle et ma démarche artistique en redécouvrant, par un autre chemin, par une vision élargie de la vie, le pouvoir de guérison propre à l’imagination.